GUIDE PRATIQUE · Chiffrage & Métré

Chiffrage DPGF BTP : méthode, contrôles et pièges

Méthode complète de chiffrage DPGF en BTP : rapprochement CCTP, contrôle des quantités, prix unitaires, hypothèses et revue d'offre.

Équipe BTP Copilot8 min de lectureMis à jour le
DPGFEXEMPLE DE MÉTHODE
Le contrôle de la DPGF
Quantité contrôlée108 m²Prix unitaire HT45 €
Montant de la ligne4 860 € HT

Quantités et prix fictifs · hypothèses à vérifier.

Repères pratiques · illustration du contenu de la ressource

L’essentiel à retenir

  • La DPGF détaille la formation du prix forfaitaire ; elle ne transforme pas automatiquement le marché en marché à prix unitaires.
  • Chaque ligne doit être reliée à une prescription, une quantité, une hypothèse de déboursé et un contrôle de cohérence.
  • La revue finale doit vérifier les totaux mais aussi les prestations absentes, les interfaces de lots et les risques contractuels.
Dans ce guide

Le chiffrage d’une DPGF consiste à construire, contrôler et justifier le prix global forfaitaire d’une offre. Il ne s’agit pas uniquement de remplir une colonne de prix unitaires : chaque montant doit correspondre au périmètre du CCTP, aux quantités contrôlées sur les plans, aux conditions du CCAP et aux hypothèses de production de l’entreprise.

Le guide sur les prix de la Direction des affaires juridiques définit la DPGF comme le descriptif de la prestation envisagée par la décomposition de la formation du prix. Elle fait partie de l’offre technique et financière. Cette précision est essentielle : la DPGF explique le forfait, mais sa décomposition ne change pas à elle seule la nature forfaitaire du marché.

DPGF, BPU et prix forfaitaire : ne pas confondre

Dans un marché à prix unitaires, le règlement dépend des quantités réellement exécutées auxquelles sont appliqués les prix du bordereau. Dans un marché à prix forfaitaire, le titulaire s’engage sur un prix global pour un ensemble de prestations défini.

La DPGF sert alors à rendre la formation de ce prix lisible. Selon la DAJ, ses quantités sont en principe non contractuelles, sauf mention expresse contraire. Le CCAP peut également préciser la valeur contractuelle de tout ou partie de la décomposition. Avant de corriger une quantité ou d’interpréter un écart, lisez donc les clauses particulières.

Les pièces du dossier et leur rôle dans l'étude
DocumentRôle principalContrôle à réaliser
RCRègles de réponse et cadre de prixModification du fichier autorisée ou interdite
CCAPConditions juridiques et financièresForme du prix, révision, avances, pénalités, priorité des pièces
CCTPPérimètre technique des prestationsOuvrages, performances, interfaces et sujétions
DPGFDécomposition de l'offre financièreExhaustivité, unités, quantités, prix et totaux
PlansGéométrie et localisationDimensions, niveaux, repères, réservations et interfaces

Étape 1 : sécuriser le fichier avant le chiffrage

Travaillez toujours à partir de la dernière version publiée. Comparez le nom, la date et, si possible, l’empreinte du fichier avec les pièces du profil d’acheteur. Les additifs peuvent modifier une quantité, une formule de prix ou une date sans que le nom de la DPGF change clairement.

Conservez une copie originale non modifiée. Dans la copie de travail, identifiez les cellules verrouillées, formules, sous-totaux, taux de TVA, arrondis et éventuelles feuilles masquées. Vérifiez si le RC autorise l’ajout de lignes : une amélioration technique du tableau peut rendre l’offre irrégulière si elle modifie un cadre imposé.

Étape 2 : rapprocher chaque ligne du CCTP

Construisez une matrice de couverture. Pour chaque article du CCTP, recherchez la ou les lignes de DPGF correspondantes. L’objectif n’est pas de forcer une correspondance mot à mot, mais de vérifier que le prix couvre réellement les prescriptions.

Classez les résultats en quatre catégories : correspondance directe, prestation regroupée dans un ensemble, prestation absente, ligne DPGF sans prescription retrouvée. Les deux dernières catégories doivent être analysées avant de poser un prix.

La fiche de lecture d’appel d’offres doit fournir les clauses administratives et techniques qui modifient le coût : horaires restreints, phasage, maintien en activité, installations, essais, prototypes, nettoyage, déchets, DOE, études d’exécution ou coordination.

Étape 3 : vérifier les unités et les règles de métré

Une unité mal interprétée produit un prix faux même lorsque le déboursé unitaire est juste. Distinguez les mètres linéaires, mètres carrés, mètres cubes, unités, ensembles et forfaits. Notez pour chaque famille la règle de calcul et les déductions appliquées.

Sur les plans PDF, contrôlez l’échelle de chaque page. Un carnet peut mélanger plan de masse, niveaux et détails à des échelles différentes. Vérifiez au moins une cote connue après calibration et signalez toute page dont l’échelle reste incertaine.

Les quantités reçues ne doivent pas être acceptées passivement. Réalisez un contrôle indépendant sur les postes qui concentrent la valeur ou le risque : terrassements, béton, aciers, façades, étanchéité, cloisons, revêtements et équipements répétitifs selon le lot.

Étape 4 : construire le prix de chaque ouvrage

Un prix de vente robuste part du déboursé. Décomposez au besoin : matériaux rendus chantier, main-d’œuvre productive, matériel, sous-traitance, pertes, consommables et transports. Ajoutez ensuite les frais spécifiques au chantier, frais généraux, aléas identifiés et marge selon la méthode de l’entreprise.

La bibliothèque de prix doit conserver sa date, sa région, son fournisseur ou sa source interne et les conditions incluses. Un prix ancien sans contexte n’est pas une référence ; c’est une hypothèse cachée.

Contrôles de cohérence d'un prix d'ouvrage
ÉlémentQuestion de contrôleTrace utile
MatériauLivraison, perte et conditionnement inclus ?Offre fournisseur datée
Main-d'œuvreRendement adapté aux contraintes du site ?Décomposition de tâche
MatérielAmenée, repli, grutage et énergie inclus ?Hypothèse de durée
Sous-traitancePérimètre identique au CCTP ?Devis et exclusions
Frais de chantierInstallations et encadrement couverts ?Budget de chantier
RisqueClause ou incertitude identifiée ?Référence CCAP/CCTP

Étape 5 : traiter les prestations absentes et les interfaces

Les oublis se trouvent souvent entre les lots plutôt qu’au cœur d’un ouvrage. Vérifiez qui fournit le support, réalise les réservations, rebouche, protège, alimente, raccorde, dépose, évacue et remet en état.

Si une prestation du CCTP est absente de la DPGF, commencez par chercher une ligne d’ensemble ou une mention « compris dans ». Vérifiez ensuite les règles du RC. Posez une question à l’acheteur si l’ambiguïté peut modifier l’offre. Ne créez pas une ligne libre sans vérifier que le cadre peut être modifié.

Pour les variantes et prestations supplémentaires éventuelles, séparez clairement le prix de base. L’article R2152-7 du Code de la commande publique prévoit que les critères retenus doivent pouvoir s’appliquer aux variantes comme aux offres de base ; la consultation fixe toutefois leurs conditions de présentation.

Étape 6 : documenter les hypothèses de chiffrage

Une hypothèse utile est précise, localisée et révisable. Écrivez « quantité de doublage mesurée sur plans A-201 à A-204, hors locaux techniques non cotés » plutôt que « quantité estimée ». Indiquez l’auteur, la date, la source et l’impact potentiel.

Centralisez également les réponses de l’acheteur. Une réponse publiée peut modifier le périmètre pour tous les candidats. Elle doit être rattachée aux lignes concernées et intégrée à la revue finale.

Étape 7 : contrôler les formules et les totaux

Effectuez un contrôle vertical et horizontal. Verticalement, vérifiez les sous-totaux de chapitre, de lot, frais et taxes. Horizontalement, contrôlez quantité × prix, arrondis et cellules écrasées. Comparez le total de la DPGF avec l’acte d’engagement et les autres cadres financiers.

Utilisez des ratios uniquement comme détecteurs d’anomalies, jamais comme substituts au chiffrage. Un ratio inhabituel doit déclencher une vérification du périmètre, de la quantité ou du prix, pas une correction automatique.

Étape 8 : organiser la revue d’offre

La revue finale doit réunir un regard technique, financier et contractuel. Commencez par les dix postes les plus élevés, puis les postes à faible marge, les quantités non confirmées, les lignes ajoutées, les forfaits et les interfaces.

Posez quatre questions simples : le périmètre est-il complet, les quantités sont-elles défendables, les prix sont-ils datés et les risques sont-ils assumés ? Vérifiez enfin la conformité du fichier remis et sa cohérence avec le mémoire technique.

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Relier le métré à la DPGF sans perdre la preuve

Un export de quantités isolé réduit la ressaisie, mais ne suffit pas si l’équipe ne peut plus retrouver la zone mesurée. Une chaîne de travail plus robuste conserve le lien entre la ligne DPGF, l’ouvrage, la vue du plan, l’unité et le statut de validation.

Planner Copilot est conçu pour mesurer les plans PDF et conserver la géométrie vérifiable. Dans la Suite BTP Copilot, ces quantités peuvent être rapprochées de la DPGF structurée dans DCE Copilot. L’utilisateur reste responsable de la calibration, de la validation et du prix appliqué.

Le meilleur outil n’est donc pas celui qui remplit le plus de cellules. C’est celui qui permet à une autre personne de comprendre pourquoi une quantité et un prix ont été retenus avant la remise de l’offre.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Pour compléter votre lecture.

Qu'est-ce qu'une DPGF dans un marché de travaux ?
La DPGF, ou décomposition du prix global et forfaitaire, détaille la formation du prix forfaitaire proposé par l'entreprise. Elle présente généralement les ouvrages, unités, quantités, prix unitaires de construction du montant et totaux. Sa portée contractuelle dépend toutefois des documents du marché, notamment du CCAP.
Les quantités de la DPGF sont-elles toujours contractuelles ?
Non. La Direction des affaires juridiques rappelle que, dans un marché forfaitaire, les quantités de la DPGF sont en principe non contractuelles sauf stipulation expresse contraire. Il faut vérifier le CCAP et l'ordre de priorité des pièces avant de conclure qu'un écart de quantité modifiera le prix du marché.
Comment contrôler une DPGF avant remise de l'offre ?
Contrôlez le périmètre CCTP, les unités, les quantités issues des plans, les prix de déboursé, les frais de chantier, les coefficients et les totaux. Recherchez aussi les prestations décrites mais absentes du bordereau, puis consignez chaque hypothèse et chaque question transmise à l'acheteur.
Que faire si le CCTP prévoit une prestation absente de la DPGF ?
Ne l'ignorez pas. Vérifiez les règles de modification du cadre de prix dans le RC, recherchez une ligne de regroupement et posez une question sur le profil d'acheteur. Si la consultation interdit toute modification, faites valider une hypothèse de chiffrage et documentez son traitement dans la revue d'offre.
Un logiciel de métré suffit-il pour chiffrer une DPGF ?
Non. Le métré produit ou vérifie des quantités, mais le chiffrage exige aussi le périmètre technique, les rendements, prix fournisseurs, pertes, moyens de chantier, frais, risques contractuels et stratégie commerciale. L'intérêt d'un outil intégré est de conserver le lien entre quantité, plan, prescription et ligne de prix.

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